On se retrouve comme tous les lundis pour l'atelier d'écriture qui se déroule chez Leiloona . C'est déjà ma quatrième participation et je voulais vous dire merci pour les commentaires très touchants que vous me laissez chaque semaine.
Cette photo m'a beaucoup inspirée. A peine, je l'ai vue que les personnages et leur histoire sont nés dans ma tête.
Je vous laisse découvrir ce texte, bonne lecture et bonne découverte à tous.
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| © Romaric Cazaux |
Comme tous les dimanches,
Henri et Honorine se retrouvent « Chez Jules ». Ce rituel les rend
toujours aussi nostalgiques. Ils se sont rencontrés 50 ans plus tôt dans ce
lieu magique.
Notre couple se rappelle
ce moment comme si c’était hier. Honorine venait de fêter ses 20 ans, Henri
allait sur ses 22 ans. Jules venait de reprendre la brasserie. Henri aidait son
ami Jules une fois par an à l’occasion de la fête du printemps. Ce jour-là, les
clients étaient nombreux et notre heureux propriétaire se trouvait vite débordé.
Henri et Jules s’affairaient
tous deux derrière le comptoir quand Honorine est entrée avec sa meilleure amie
Léa. Nos amoureux se souviennent de cette étincelle quand leurs regards se sont
croisés.
Honorine et Léa se sont
installées. Henri s’est empressé d’aller prendre leur commande. Jamais, il n’avait
ressenti un tel entrain. Son cœur battait à tout rompre et il perdait tous ses
moyens dès qu’il approchait de la table. Honorine ne valait guère mieux avec
son teint rouge écarlate.
Les deux amies passèrent leur
commande non sans mal, le temps qu’Honorine arrive à prononcer ce mot si simple qu’est la
tartiflette.
Une fois de retour au bar,
Henri évite de croiser le regard de Jules qui a suivi son petit manège tout en
continuant à servir les clients face à lui. Quel supplice de devoir préparer la
bouteille de vin commandée par ces dames et de devoir leur apporter.
Enfin arrivé à table avec
les boissons, il découvre Honorine seule. Mais où est donc passée Léa ?
La panique s’installe. Que va-t-il bien pouvoir dire à cette mystérieuse inconnue qui l’attire
tant ?
Il croise le regard de
Jules qui lui fait signe de prendre son temps. C’est une chance, cette année,
la fête du printemps est assez calme.
Henri s’assoit face à
Honorine, essaye d’engager la conversation, les mots ne sortent pas de sa bouche. Il est
troublé et se rend compte qu’elle l’est tout autant. Il finit par arriver à
articuler une phrase complète et, très vite, ils ont beaucoup de choses à se raconter.
Le temps passe et ils sont seuls au monde. Honorine en oublie qu’elle était
accompagnée de Léa en entrant tout comme Henri ne pense plus à Jules et au
service dans le bar.
Depuis ce jour, ils sont
devenus inséparables et, en repensant à cette rencontre, l’émotion coule dans
leurs veines.
Bien plus tard, Léa leur a
confié qu’en voyant leurs regards elle avait très vite compris et s’était
éclipsé en douce pour laisser naître cette magnifique relation. Quant à Jules,
il est resté derrière son bar pour laisser à nos deux tourtereaux
l'intimité dont ils avaient besoin.
Ils repensent souvent à
Léa et Jules qui, même s’ils ne sont plus de ce monde, leur ont laissé un
adorable souvenir.
Aujourd’hui, ils se régalent
dans cette brasserie qui a gardé son nom en hommage à Jules. C’est leur fils
unique Julien qui se trouve derrière le bar. Il a repris ce lieu pour permettre à ses parents de de ressasser la nostalgie de leur passé tous les dimanches.







